Et voila. Un bahut de plus pour le compte de Mademoiselle Ambre. C'est la troisième fois qu'elle se fait virer. Est-ce vraiment un crime d'avoir taxé des clopes a un cinquième ? Pas pour elle. Les petits doivent apprendre a se taire et a rester a leur place. Elle n'en avait franchement rien a faire qu'on l'aie virée pour la troisième fois dans sa vie.Au moins, dans ce nouveau lycée, y'avait moins de pétasses.Les filles d'aujourd'hui sont vraiment trop connes. Elles fument a 13 ans, boivent a 14, touchent a la drogue a 15, et couchent a 16. Y'en a même qui se suicident. Elle ne voulait pas paraitre vieux-jeu, mais Ambre, elle les trouvait connes. Il y a des fois ou il faut savoir gérer son taux de conneries, même si elle était mal placée pour dire ca. Et puis, des fois, il vaut mieux se réserver pour plus tard. Elle était "vierge de la bouche", et elle en était fière. Elle attendait le bon, celui qui verrait la majesté de sa longue crinière brune, et la complexité des formes et couleurs de ses yeux émeraude, pas ses vieilles converses pourries et son large sweat. Ambre espérait, elle rêvait le futur, mais malgré cela, elle vivait au présent. Faut être réaliste, les mecs parfaits, ca court pas les rues. Pourtant, elle n'avait rien contre la gente masculine, la preuve son meilleur ami, Jack, était un mâle. Ils différaient vraiment beaucoup l'un de l'autre. Mais ils avaient les mêmes valeurs et les mêmes espoirs puérils et irréalistes. Ils idéalisaient la vie et essayaient de sublimer leur monde, en vain.La pureté n'exsiste presque plus dans ce monde.
Jack, c'était un sale cochon vicieux, pour être polie. Il ne pensait qu'aux seins de Yuri Kôsaka, son actrice de X préférée. La gente masculine a pour habitude d'utiliser l'expression "Elle est bonne !" assez souvent. Mais pas lui. Lui, il ne disait pas qu'elle était bonne, mais qu'elle ressemblait a Yuri Kôsaka. Et le jour ou il a fendu la chatte d'une môme de son age pour la première fois, a treize ans, il avait osé imaginer que cette gamine était Yuri Kôsaka. Ce qui l'avait fait jouir de plus belle.Trois ans plus tard, il songeait toujours a la même fille quand il couchait, et que ses longs cheveux noir corbeau carressaient les épaules de sa victime, victime dont il transpercait habituellement le coeur de son abyssal regard gris foncé, coeur qu'il enfermait dans ce petit objet anti-gosse en latex, et qu'il jetait a la poubelle avec une négligence innocente, en achevant son souffre douleur dans un dernier regard enfantin.
Il avait gardé de son enfance ces expressions pures et innocentes qui faisaient tant fondre les filles. Elles sont connes, elles aussi. Car malgré ses airs angéliques, il jouait dans la cour des grands. C'était devenu un grand enfant salaud et manipulateur. Toute cette perversité l'avait tué, pour le remplacer par un autre, plus pernicieux.